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FITOU ET LA RELIGION

LES EGLISES

Une église existait en ce qui est encore de nos jours La Madeleine. Sur des actes de décès on relève la mort d'une femme Martin Anna, des suites du choléra et qui fut enterrée à proximité de l'église de la Madeleine.

 

En 1719, eu lieu la conjuration dont le prince de Cellamare, ambassadeur d'Espagne, sous l'inspiration d'Albéroni, était la tête pensante. Elle tendait en l'enlèvement du régent Philippe d'Orléans, lors de la convocation d'Etats Généraux qui donneraient la régence à Philippe V, roi d'Espagne. Cette conjuration fut dévoilée et une saisie de papiers très compromettants confiés au prêtre espagnol Dom Vincent Pontecarrero qui avait ordre de le porter à Madrid, fut faite au cours d'un arrêt des messagers à l'église de la Madeleine aux Cabanes de Fitou. Le livre "conspiration de Cellamare" précise qu'il y eut une échauffourée, des blessés et mort d'hommes, ce qui amena la désaffection de cet édifice et par la suite sa disparition.

 

Actuellement, il est difficile d’en préciser l’emplacement exact, mais vraisemblablement, les cyprès longeant le « chemin de la Madeleine » à proximité de la nationale 9 aux Cabanes, en est l’indice le plus probant. A l’époque, il aurait existé une croix à cet endroit.

Eglise Sainte Madeleine

Ste Madeleine

Saint Julien

St Julien

L'église de Fitou à qui certains prêtent le style roman primitif n'a en réalité aucun caractère architectural. De style irrégulier, elle offre un aspect très original par cette irrégularité même. Assez vaste grâce aux tribunes (une sur le côté actuellement, celle en face de l'autel ayant été supprimée) à ses deux nefs et aux chapelles. Elle mesure 15m de longueur sur 12 de large (chapelles non comprises); sa hauteur sous la clé de voûte est de 10 mètres. La date de sa construction est inconnue. Il semble probable qu'elle fut d'abord une chapelle de couvent de religieux. Elle a d'ailleurs subi des transformations visibles à l'intérieur mais aussi par le rajout de la partie où se trouve la sacristie.

 

La création de monastère et d'abbayes était encouragée et soutenue par Louis le Pieux. Dans l'espace d'un demi-siècle, la plupart des régions naturellement pauvres et déshéritées ont été vivifiées par l'apparition de ces monastères. Ils ne cherchent pas dans la solitude et la désolation un refuge pour le recueillement et la prière, mais veulent plier leurs fidèles aux lois de la mortification et du travail manuel. Plusieurs de ces abbayes ont été amenées à multiplier leurs filiales. Telle "La celle de Lapalme" (la celle étant une communauté isolée où vivent ensemble quelques religieux) établie par le Monastère de Lagrasse. La Celle de Fictorius pourrait être semblable à la "celle" de Lapalme. Le monastère de Fontfroide possédait à Fitou toute la partie du territoire de cette communauté qui portait le nom de Saint Julien. Elle avait été donnée au prieuré de Sainte Eugénie, par Béranger, clerc, avec le consentement d'Ermengaud de Leucate, par un acte du 2 des Calendes de juillet 1168 et le prieuré de Sainte Eugénie le transmit à l'abbaye de Fontfroide (histoire de Fontfroide).

Néanmoins, c'est bien cette église qui a servi de sépulture à la famille d'Aragon, seigneurs de Fitou ainsi qu’à d'autres personnes. On peut citer notamment à:

- Jean d'Aragon, âgé de 40 ans, décédé le 14 septembre 1694,

- Louis d'Aragon, deux ans, décédé le 23 octobre 1702

- Catherine de Berre, décédée le 3 mai 1712

- Thérèse d'Aragon, décédée le 16 juillet 1712,

- Marie de Catéras, décédée le 15 novembre 1715,

- Le 31 décembre 1731 a été inhumé dans l'église, dans le tombeau de ses prédécesseurs, Jérôme Vignon, âgé de 36 ans,

- Jean-Pierre d'Aragon, 65 ans, décédé le 20 décembre 1759,

- Jeanne d'Essaix, veuve de JP d'Aragon, décédée le 12 juillet 17

- Pierre Louis d'Aragon, baron d'Artoux, 64 ans, décédé le 16 décembre 1786

- sous la chapelle Saint-Antoine est enterré Antoine Gauffre,

- La soeur d'un des curés de Fitou, M. Tarbouriech, serait enterrée dans l'église devant l'autel de la Vierge,

- sous le clocher de l'église se trouve la sépulture d'un chevalier, gouverneur de Leucate. La pierre tombale a été enlevée lorsque l'église a été cimentée en 1950; elle portait des inscriptions peu lisibles, effacées. Car,le sol de l'église a été d'abord de terre battue, puis dallé, puis parqueté avant d'être cimenté.

Dans l'église de Fitou, on trouve aussi une oeuvre d'art d'un grand prix classée par les Beaux-Arts : " une vierge à l'enfant Jésus, sculptée dans un tronc d'arbre, finement décorée et dorée avec des lamelles d'or. Elle aurait été importée d'Espagne au 14ème siècle. En 1879, il existait à l'église quatre reliquaires contenant des reliques authentiques de Saint-Loup, Saint-Sever, Saint-Christophe, Saint-Antoine, Saint-Clément et Saint-Placide.

LES CHAPELLES

Saint Aubin

Entre Fitou et Opoul, le plateau aride et rocailleux du Pla est longé par un chemin rural que divers vestiges d'époque gallo-romaine incitent à considérer comme jalonnant le tracé d'une des voies romaines reliant Narbonne à l'Espagne. A quelques centaines de mètres de ce chemin, des bâtiments sont accolés à une chapelle, figurant sous le nom de Saint-Aubin, dans la carte du diocèse de Narbonne dressée par Mgr Dillon en 1763. Un seul document, un peu plus ancien la mentionne en 1604 comme "depuis longtemps ruinée".

Cette modeste mais très intéressante chapelle présente des caractères "mozarabes" assez nets pour suggérer une comparaison avec le petit édifice de Sainte-Félicité de Sournia (66) dépandant au 10ème siècle de Saint-Michel-De-Cuxa et situé aussi sur une voie de liaison avec la péninsule.

L'extrême rareté de ce type d'architecture dans l'ancienne Septimanie fait de Saint-Aubin un témoin d'autant plus précieux que sa structure présente des particularités remarquables.

Le chevet très étroit est accolé à une nef un peu plus large dont il est séparé par un arc triomphal en fer à cheval. Cet arc outrepassé est constitué par des pierres plates, grossièrement dégrossies, disposées en tas de charge à partir des naissances et ménageant au sommet un large vide triangulaire qu'est venue combler une clef de même forme. Contre les murs latéraux sont plaqués intérieurement des arcs longitudinaux.

Dans la région méridionale, les églises romanes primitives offrent de nombreux exemples d’arcs longitudinaux; arcs de décharge ou peut-être ornements, dont l'avantage pratique était de réduire sensiblement la portée de la couverture, tout en ménageant pour les fidèles un espace supplémentaire

Les documents officiels faisant défaut la chronologie y afférant ne peut-être clairement établie. Il semble d'après les remarques faites supra que la chapelle soit à situer vers la seconde moitié du Xème siècle. Les bâtiments adjacents considérés dans le pays comme une ancienne maladrerie, communiquent avec la seconde travée de la nef par une étroite porte en plein cintre que son arc chanfreiné et ses claveaux de calcaire blanc bien taillés permettent de rapporter au XIIème siècle, donc plus récents que la chapelle.

 

St Aubin

L’évolution de la rénovation de la chapelle par l’Ermite Palancade 

Saint Aubin en 1970

Sainte Catherine

Chapelle qui existait dans le village, appelée par les habitants : Santo Catasco. Depuis très longtemps désaffectée, elle n'existe plus.

Ste Catherine

Saint Loup

Chapelle ancienne construite vers la fin du XVIème siècle pour le service des voyageurs de la diligence et autres passants de la route d'Espagne et des habitants des Cabanes de Fitou. Elle fut érigée par un nommé Terrisse, maître des postes et aubergiste. Terrisse est mort de la peste en 1641 avec son valet. Il a été enterré sur le bord de la route. La famille Abélanet s'est installée dans ce même immeuble. Par la suite, plusieurs personnes ont été inhumées dans la chapelle Saint-loup.

Pendant très longtemps, le jour de Saint-Loup, la population, clergé en tête, descendait en procession de Fitou jusqu'à la chapelle ou le curé célébrait la messe.

St Loup

Saint Roch- St Joseph

St Roch

A proximité immédiate du site du château, se trouve une chapelle construite au cours du 19ème siècle. Elle remplace le lieu de culte précédent dit “chapelle Saint-Roch”. Cette dernière est évoquée dans le Compoix de 1777 sous la forme: “chapelle Saint-Roch, dans le fort”. Elle fut vendue en 1792 en tant que Bien National.Après la Révolution cette chapelle fut vendue à l'instituteur et servit longtemps de grenier à paille. Une délibération du Conseil municipal du 14 mai 1826 en décida le rachat pour une valeur de 800 francs. Le château en ruines, les maisons environnantes délaissées par les habitants, obligèrent le curé à occuper un presbytère dans le village.

Elle fut rénovée en 1868 par l'abbé Hugonnet. Elle se limitait alors au choeur, sans sacristie avec une petite cloche qui fut volée. L'abbé Hugonnet étant déplacé à Rieux-Minervois, son successeur, Mr PECH, n'apportera aucune modification. La chapelle sera agrandie plus tard par le curé Baraillé de 1898 à 1904; une cloche remplacera celle qui avait été volée ; madame Prosper Vidal en fut la marraine. Cette cloche était placé au fronton de la chapelle et fut déplacée en 1925 pour être mise en haut d'une tour jouxtant la chapelle. Elle servit alors, non seulement pour le service du culte, mais aussi pour sonner les heures marquées par l'horloge achetée sous la municipalité Saulières pour une somme de 6056 francs. La chapelle fut utilisée parfois pour certains offices religieux (baptêmes...)

L’actuelle chapelle, placée sous le vocable de Saint-Joseph, est désaffectée. Donnée à la commune vers 1996, elle fait aujourd’hui office de lieu d’expositions temporaires et d’animations culturelles.

POPULATION ET CLERGE

Population et Clergé

La population de la commune est en majorité catholique, même parmi ceux qui ne pratiquent pas le fond de l'âme est chrétien. Les athées sont l'exception et leurs idées restent calquées sur des directives de partis politiques plutôt que sur des convictions personnelles.

Croyances locales

" L'an mil sept cent soixante six, le sixième jour du mois de Mars dans l'hôtel de ville du lieu de Fitou, après-midi, le Conseil Général des habitants assemblés en la forme ordinaire..... lesdits consuls ont dit que navrés depuis longtemps de la conduite irrégulière de M. Foutrier, curé de ce lieu...; ladite communauté est donc dans la dure nécessité de réitérer par écrit et d'exposer à Mgr l'archevêque les faits suivants : ledit M. Foutrier étant au pied de l'autel un jour de dimanche, il y a une quinzaine de jours, s'est porté à dire ces paroles à la face de toute la paroisse : "mon Dieu, apportez votre malédiction sur ce peuple et faîtes leurs en sentir tout le poids dans toute son étendue". Il y a environ deux ans que ledit curé dit un jour de dimanche que la chapelle St Jean était une caverne de voleurs et ça devant cent personnes qui étaient dans la chapelle. Ledit M. Foutrier est dans l'usage continuel de retrousser dans l'église sa soutane déboutonnée de haut en bas; le sieur Fourier fait gras toute l'année sans excepter un seul jour prescrit par l'église; .... la consternation et la désolation sont dans cette commune".

" Nous... en conséquence de la loi relative à la confection de l'inventaire des meubles, effets et ustensiles en or et en argent employés au service du culte de la présente paroisse, nous nous sommes transportés dans l'église paroissiale de Fitou aux fins de procéder à l'inventaire et après avoir excepté les vases sacrés conformément à l'article 9 de la loi : nous avons trouvé un reliquaire en argent et une croix formée en lance d'argent ciselé de façon antique et à mi-doré; de quoi le peuple ayant été informé, une foule de femmes ou filles se sont arrêtées dans l'église et ont signifié au corps municipal avec des cris tumultueux en disant qu'elles ne voulaient pas que lesdits objets sortissent de l'église. La municipalité pour éviter un désordre a cédé aux instances de ce peuple féminin et a déposé ledit reliquaire et croix dans l'armoire de la fabrique, ordonnant aux marguilliers d'icelle de le représenter lorsqu'ils seront requis".

" L'an mil sept cent soixante six, le sixième jour du mois de Mars dans l'hôtel de ville du lieu de Fitou, après-midi, le Conseil Général des habitants assemblés en la forme ordinaire..... lesdits consuls ont dit que navrés depuis longtemps de la conduite irrégulière de M. Foutrier, curé de ce lieu...; ladite communauté est donc dans la dure nécessité de réitérer par écrit et d'exposer à Mgr l'archevêque les faits suivants : ledit M. Foutrier étant au pied de l'autel un jour de dimanche, il y a une quinzaine de jours, s'est porté à dire ces paroles à la face de toute la paroisse : "mon Dieu, apportez votre malédiction sur ce peuple et faîtes leurs en sentir tout le poids dans toute son étendue". Il y a environ deux ans que ledit curé dit un jour de dimanche que la chapelle St Jean était une caverne de voleurs et ça devant cent personnes qui étaient dans la chapelle. Ledit M. Foutrier est dans l'usage continuel de retrousser dans l'église sa soutane déboutonnée de haut en bas; le sieur Fourier fait gras toute l'année sans excepter un seul jour prescrit par l'église; .... la consternation et la désolation sont dans cette commune"...

" Nous... en conséquence de la loi relative à la confection de l'inventaire des meubles, effets et ustensiles en or et en argent employés au service du culte de la présente paroisse, nous nous sommes transportés dans l'église paroissiale de Fitou aux fins de procéder à l'inventaire et après avoir excepté les vases sacrés conformément à l'article 9 de la loi : nous avons trouvé un reliquaire en argent et une croix formée en lance d'argent ciselé de façon antique et à mi-doré; de quoi le peuple ayant été informé, une foule de femmes ou filles se sont arrêtées dans l'église et ont signifié au corps municipal avec des cris tumultueux en disant qu'elles ne voulaient pas que lesdits objets sortissent de l'église. La municipalité pour éviter un désordre a cédé aux instances de ce peuple féminin et a déposé ledit reliquaire et croix dans l'armoire de la fabrique, ordonnant aux marguilliers d'icelle de le représenter lorsqu'ils seront requis".

Les relations avec le clergé sont dans l'ensemble bonnes. Les prêtres sont totalement respectés. Si des incidents regrettables se sont produits ils demeurent rares et sont lointains :

 

Les sentiments religieux de la population ont été affirmés à diverses dates et consignés dans différents procès-verbaux des consuls. Par exemple, celui du 20 octobre 1791 qui fait appel à la sagesse et à l'amour de la religion des membres du district de Narbonne pour demander l'attribution de divers objets destinés au culte. Autre exemple, celui du 28 octobre an 1er de la République pour qu'un vicaire soit adjoint au curé de la paroisse de Fitou. Ou encore celui du 26 décembre 1792 an 1er

Une délibération du conseil municipal du 14 août 1860, entérine l'achat de deux cloches pour l'église : " une pesant 608 kg et l'autre 128.5 kg avec leurs battants; les vieilles cloches usées et hors d'usage remises au vendeur pesaient ensemble 239.5kg.

Oeuvres de charité

En 1600, il existait à Fitou un hôpital qui a subsisté très longtemps. De ce fait, il y avait dans la paroisse la "confrérie de la charité" dont les premières présidentes furent Marie de Casthéras et Catherine de Berre, mariées toutes deux avec des membres de la famille d'Aragon, seigneurs de Fitou.

Il n'a rien à voir avec l'hôpital temporaire établi aux Cabanes de Fitou pendant la guerre de 1914-1918 (Relais Saint-Roch)

Par testament du 29 juillet 1741, François Raynaud, ancien curé de Fitou, prêtre à son décès à l'église Saint Paul de Narbonne avait légué à l'hôpital de cette ville une métairie et dépendances à Védilhan à charge de payer une rente annuelle de 60 livres à l'hôpital de Fitou ; le livre de l'archevêché de Narbonne, mentionne au profit de l'hôpital de Fitou, une aumône annuelle de 12 livres. Anne d'Aragon, par testament du 5 août 1812 lègue une rente annuelle et perpétuelle de 50 francs à charge de faire célébrer annuellement et à perpétuité dix messes pour le repos de son âme et celui des membres de sa famille.

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